Le CNM est aujourd'hui largement financé par une taxe sur la billetterie des spectacles. Les majors du disque et les plateformes ne veulent pas entendre parler d'une taxe sur le streaming payant pour compléter le financement.
« Les majors sont les premières bénéficiaires des revenus du streaming, lesquels proviennent principalement des artistes internationaux et des fonds de catalogues, à l'inverse de la nouveauté française, qui rapporte peu », rétorque Pascal Nègre, longtemps à la tête d'Universal Music France.
Au vu des titres les plus écoutés, « cette contribution serait en effet supportée aux trois quarts par le répertoire international, propriété des majors, et par les fonds de catalogue français dont les coûts ont déjà été amortis », confirme Guilhem Cottet, directeur général de l'UPFI.
« La loi prévoit que le CNM soutienne la musique, de l'écriture à la diffusion. Si nous n'en n'avons pas les moyens, les missions transversales en souffriront, nous ne pourrons aider les maillons qui ne contribueront pas », prévient le président du CNM, Jean-Philippe Thiellay.
Le contexte joue néanmoins en faveur du statu quo. Bruno Le Maire s'étant déclaré opposé à toute taxe supplémentaire, il est peu probable qu'il accepte d'instaurer une contribution sur la musique enregistrée. La ministre de la Culture, en présentant son budget, a voulu rassurer : « Il n'y a pas de sujet avant 2024 et il faut se donner le temps de la réflexion sur une réforme complexe.